jeu.

15

sept.

2016

Plan de bataille

Attendre un retour sur un synopsis, envoyer un autre synopsis sur complètement autre chose, postuler pour faire partie d'un pool d'auteurs sur encore autre chose, trouver un moment pour corriger un manuscrit qui n'a rien à voir avec le reste, enchaîner sur une nouvelle avec encore moins de points communs... Prier pour qu'un petit "oui" tombe pour au moins un (ou deux ?) projets.

Avoir les journées tellement bien remplies qu'on a l'impression d'avoir bien mérité son salaire et... réaliser qu'on n'a pas de salaire. Ni de revenus d'ailleurs, tiens. Piocher dans ses économies et recommencer jusqu'à ce que ce foutu "oui" tombe. Il va tomber. Dussé-je aller le chercher avec une hache à double-tranchant. Allez, steuplé.

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jeu.

25

févr.

2016

Négocier un contrat...

 

Ça me fait toujours un peu cet effet-là... Sachant qu'en prime, on n'est pas fatigués (non, on n'est pas fatigués), je me demande si c'est une bonne idée de signer quoi que ce soit maintenant. 

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dim.

21

févr.

2016

Une bien bonne année

2015. J'ai fini le premier jet de mon roman. J'ai aussi fait un enfant. C'était une belle année, vraiment. Si on excepte l'état global du monde. 

2016. J'attaque les corrections. Pour le roman, évidemment. Et je vais vous dire, cette année déjà entamée, je me la souhaite bonne. Et je vous la souhaite bonne. Je nous la souhaite bonne, bordel. On n'est pas fatigués. Non, on n'est pas fatigués. 

 

(Je sais que ce blog est quasi-comateux, mais c'est pas une raison pour le laisser crever en silence)

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sam.

05

avril

2014

Les Péripéties de Claude : "La Vengeance"

Ce mois-ci encore, le blog ouvre ses pages à Claude, pour ses récits loufoques (et un peu effrayants parfois).


La vengeance


Toujours dans l’optique de vous faire partager un des épisodes de ma vie trépidante, je m’en viens aujourd’hui vous parler de vengeance.

Vous devez forcément vous demander : "Mais comment fait elle, quel que soit le thème imposé pour avoir à chaque fois une expérience loufoque à nous conter ?"

A cette question légitime, je vous répondrais qu’étant quasiment dépourvue d’imagination, et tout autant 

d’inspiration, il m’est plus facile de me souvenir que d’inventer.

Je vous concède qu’il m’arrive parfois de broder légèrement sur la trame de la réalité, d’agrémenter quelque peu la pâle exactitude des faits par des ornements de langage, des accommodements à ma manière, des améliorations de ci de là, des parements de cache misère. Ces petits arrangements n’ont d’objectif que de vous rendre mes petites histoires sans intérêt un peu plus captivantes, mes tranches de vie banalement ordinaires un peu distrayantes, des personnages quelconques une once de plus truculents.

Mais jamais, non jamais je vous en fais la promesse, jamais je ne vous mentirai à vous mon public si cher qui buvez en toute confiance mes paroles et ingérez sans réserve mes propos.

Aussi, ce soir comme à mon habitude je vais vous partager une expérience sur le thème de la vengeance, la seule que je puisse vous exposer et pour cause... 

En fait, jusqu’au début de l’année pourrie de 2008, j’aurais été en mal de vous relater un vécu personnel ayant un lien avec ce sujet, ayant scrupuleusement passé ma vie à éviter les motifs de discorde, à fuir les gens qui auraient pu me blesser, à m’éloigner de tout foyer de conflit, de toute source de ressentiment.

Aussi jusque là j’étais parvenue à me préserver et n’avais donc jamais éprouvé ce sentiment. Parce que la vengeance est un sentiment, n’est-ce pas ? Une émotion, une sensation profonde, douloureuse qui consume le cœur, ne laisse aucun répit à l’âme et embrase l’esprit de désirs destructeurs.

Je fus dévastée par le désir de vengeance pendant des mois et cette expérience m’a, il faut bien le dire, beaucoup plus détruite à moi qu’à celle à qui était vouée ma haine. 

L’objet de cette haine vengeresse s’appelait – et s’appelle encore, parce qu’autant vous le dire tout de suite je ne l’ai pas assassinée – Madame Lejoyeux. Un patronyme plutôt sympathique qui sonna longtemps pour moi comme une provocation, un défi, une incitation supplémentaire au meurtre.

Cette vielle dame était ma voisine du dessus. Elle l’est toujours d’ailleurs parce que je ne l’ai pas trucidée, comme je vous disais, mais aussi parce que depuis 5 ans, ni elle ni moi n’avons déménagé.

Comment vous la décrire tout en essayant de rester objective ?

J’ai appris qu’elle avait à l’époque 83 ans et je lui en aurais donné facilement 15 de moins tant son port de tête altier et son corps de mannequin démentaient son grand âge. Elle menait une existence spartiate, levée à l’aube, elle commençait sa journée par des exercices de musculation, puis sortait marcher 2 heures quel que soit le temps ou la saison, elle suivait un régime drastique composé exclusivement de carottes, de pommes, de poireaux et d’amandes grillées. Toujours tirée à 4 épingles, le regard froid, l’allure fière, elle tenait à distance toutes tentatives de rapprochements amicaux. 

"Bonjour Bonsoir", ce sont les seuls mots qu’elle échangeait avec son voisinage.

J’avais appris qu’elle vivait seule, que c’était une vieille fille aigrie qui avait passé pas moins de 40 ans comme greffière au tribunal de grande instance. Cela expliquait peut-être pourquoi elle suivait assidûment les retransmissions des discussions du Parlement tout les mercredis après midi. 

Mais venons en à ce qui a constitué le corps du problème, le pour quoi j’ai souhaité sa mort, l’acte honni que je ne pouvais pas pardonner.

Je dois vous dire que je venais d’aménager dans cet appartement après une rupture des plus douloureuse, que dis-je, après l’apocalypse, le désastre, le cataclysme de cette séparation. Je n’avais plus de goût à la vie, je vivais dans un chantier, je campais dans mon salon, je cuisinais au camping gaz et tout ce qui restait de ma vie s’entassait dans des cartons. Je n’avais investi que ma chambre, mon havre de paix, mon cocon, moquette épaisse et soyeuse, lit king size, rideaux occultant et draps de soie couleur caramel, maintenant que je ne la partageais avec personne je souhaitais que ma chambre soit mon refuge.

J’espérais que mon sommeil en serait un aussi, on dit bien "qui dort dîne", moi je pensais aussi "qui dort ne pense pas, ne pleure pas, de ressent pas".

Mais c’était sans compter sur le chagrin qui me tenait éveillée fort tard dans la nui... et ma voisine du dessus qui se chargeait de me réveiller à l’aube. 

Je ne sais pas ce qu’elle faisait tous les matins de la semaine ainsi que les WE à 5h30 précises au dessus de ma tête mais ça faisait un grondement assourdissant, comme un bruit de tonnerre.

Déplaçait-elle des meubles ?

Je ne saurais le dire, mais toujours est-il qu’au bout de quelques jours sans sommeil, je me décidais à la rencontrer

pour demander une trêve.

J’ai donc pris mon air de chien battu, mis de la guimauve dans ma poignée de main et du miel dans ma voix pour lui exposer fort aimablement mon problème de tapage matinal. Je dis bien mon problème et non le sien, parce que c’est ce qu’elle m’a fait remarquer immédiatement.

Elle m’a reçue avec froideur, ses yeux mauvais dardant sur moi des étincelles d’hostilité, pas de douceur dans son regard, une sécheresse cinglante dans ses paroles.

Autant se frotter à un cactus !!

En peu de mots elle m’a affirmé qu’elle faisait les mêmes gestes depuis 40 ans et qu’elle n’allait pas changer ses habitudes pour m’être agréable.

Prise de court, j’ai résumé la situation à haute voix :


- Donc si j’ai bien compris – j’ai appris la reformulation, ça peut toujours être utile, la preuve – vous continuerez à me réveiller tous les matins à 5h et demie même si vous savez que je suis au bord de la dépression nerveuse, que je manque de sommeil, que je travaille énormément et que je suis à bout de force ??

-  C’est tout à fait ça ! Répliqua-t-elle pleine de morgue.

- Donc, vous décidez en toute conscience de me porter tort, de gâcher mon sommeil et ma vie, me pousser à l’épuisement et au surmenage ? Répliquais-je abasourdie.

- C’est tout à fait ça ! Adieu madame. Conclut-elle.


A compter de ce jour cette vieille bique devint mon obsession, le problème central de mon existence, ma hantise, je ne pensais toute la journée qu’à mes nuits à venir qui allaient finir dans le fracas dès l’aube, je scrutais dans mon lit le plafond, je l’imaginais tranquille empalée dans ses certitudes et son ignoble égoïsme. Elle s’était déclarée mon ennemie, elle avait consciemment pris la place de la harceleuse, j’étais sa victime désignée. C’était insupportable, elle n’avait aucune excuse, aucune circonstance atténuante, au banc des accusés de mon tribunal intérieur, elle avait été condamnée à la peine de mort.

Je souhaitais évidemment qu’elle attrape la grippe espagnole, le phylloxéra, la fièvre aphteuse et la peste bubonique, mais mon souhait le plus vibrant était que ce fut par ma main et non par un virus impersonnel qu’elle subisse le châtiment mérité.

J’étais la missionnaire, l’élue, celle qui devait faire appliquer la sentence par moi prononcée et par moi exécutée.

Ma haine contre cette femme avait pris une telle envergure que je ne me reconnaissais plus, moi habituellement si douce et compassionnelle, je passais mon temps soit à médire d’elle, soit à y penser, soit à élaborer des scénarios pour un meurtre parfait. Je regardais Colombo, Commissaire Moulin et Navarro, en quête d’un bon plan pour la zigouiller incognito.

Je surfais sur des sites un peu underground en quête de manigances, je prévoyais un alibi en béton, je peaufinais ma vengeance.

Pas question en plus que je ne finisse en prison, condamnée à 20 ans de séquestration dans un pénitencier où on réveille les prisonniers à 6h du matin !

L’obsession du meurtre augmentait proportionnellement à mon manque de sommeil et chaque matin à 5h et demie, je m’éveillais avec un rictus mauvais et je ricanais dans mon lit en imaginant la jubilation de mon crime.

Quand je roulais en voiture, j’imaginais le plaisir de rouler sur son corps, dans les escaliers, j’avais prévu un fil de pêche tendu sur son passage, en allumant le gaz, j’élaborais une explosion qui lui serait fatale, quand les pales de ma machine à pain pétrissait la pâte, je rêvais de pales géantes qui la déchiquettent, quand je croisais des mecs louches dans la rue, j’avais envie de leur offrir toutes mes économies pour qu’ils se chargent de la sale besogne.

Heureusement que nous ne sommes pas jugés sur nos intentions parce que sinon je serai condamnée à perpétuité 

pour meurtres en série avec toujours la même cible : madame Lejoyeux.

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sam.

01

févr.

2014

Les Péripéties de Claude : "La Momification"

Une fois encore, le blog accueille Claude et ses récits truculents...


La momification


On ne parle pas assez des désastres de la momification, et c’est un tort ! 

Je ne parle pas du rituel que pratiquaient les Égyptiens en momifiant et en embaumant leurs défunts, mais plutôt de cette bien inquiétante habitude qu’ont mes semblables d’entrer en momification bien longtemps avant leur mort. Je vis dans un monde bien étrange ou l’ordre naturel des choses se trouve ainsi inversé, on se momifie d’abord, puis on trépasse plus tard, une fois le processus bien avancé. 

Je m’explique : de la même manière que la momification servit jadis à conserver les cadavres en l’état, la momification à laquelle je fais allusion aujourd’hui concerne la bien curieuse habitude de se garder en l’état …. Mais de son vivant.

Je constate avec effroi que les individus se momifient lentement mais fatalement tout au long de leur vie comme si l’évolution même les effrayait.

Fuyant les doutes, les changements, les bouleversements, les mutations, les métamorphoses, les transformations que la vie ne cesse d’opérer, ils entament leur momification de plus en plus jeunes, de plus en plus systématiquement, de plus en plus inconsciemment … une petite bandelette par ci, une petite bandelette par là.

Ce constat me terrifie, d’autant plus que personne ne semble réagir. 

Et c’est normal que ce phénomène passe inaperçu parce que la momification n’est pas un événement brusque mais plutôt un long itinéraire de pétrification.

On ne le voit pas venir, il s’installe chaque jour comme une lente dérive, un engourdissement graduel, comme une arthrose qui va patiemment solidifier les plus souples des articulations. 

Ce désastre gagne chaque jour du terrain pour peu que l’on n’y prête pas attention, ce fléau s’approche, sournois, avec ses bandelettes et sa colophane et il englue patiemment, inexorablement ses victimes inconscientes…. une petite bandelette par ci, une petite bandelette par là.

Peut être espèrent ils qu’elles leur tiendront-elle chaud dans leur engourdissement, dans leur future paralysie, dans leur dérive douce-amère ?

Ne nous leurrons pas, nous avons tous une tendance naturelle à la momification, aussi je proclame ce soir les dangers de ce mal qui nous ronge, qui nous guette, qui nous attend au tournant de nos négligences, de nos tiédeurs, de nos manquements.

Mais je vous rassure, ce n’est pas une fatalité !

Alors vous allez me dire : mais que faire pour éviter la contagion ?

Eh bien, nous devons nous méfier de ces pentes glissantes enduites de savon glycériné où la force de la gravité nous emporte vers le bas et où il est plus facile de lâcher que de se battre. 

Alors luttons, luttons contre l’inertie, la paresse, l’inattention, la désinvolture, l’indifférence, la facilité, la nonchalance, les renoncements, le mensonge, l’apathie, l’inertie, le découragement, l’insouciance, la passivité, autant de bandelettes qui isolément semblent  inoffensives mais dont l’accumulation nous est fatale….. une petite bandelette par ci, une petite bandelette par là.

Imaginons le quotidien de nos ancêtres du néolithique et prenons exemple sur eux, sur leur extrême vigilance, toujours sur le qui vive, aux aguets du moindre danger, leurs sens en éveil, leur corps à l’affût.

Alors ne laissons pas nos plus beaux élans se rétrécir, nos rêves les plus merveilleux s’anéantir, notre vision de la vie se réduire à une ridicule petite lucarne à travers laquelle le monde parait finalement bien obscur et sans intérêt.

Vous avez tous constaté, j’en suis sure les effets délétères de la momification.

Pour peu que l’on soit attentif, n’observons- nous pas chaque jour des hommes et des femmes qui se momifient sous nos yeux dans l’indifférence générale ? 

Des hommes hier robustes et conquérants pour lesquels le sens de la vie se résume aujourd’hui à la victoire de leur équipe de rugby. 

Des femmes coquettes demandant à leur miroir chaque jour « Miroir, miroir, suis-je la plus belle ? », aujourd’hui négligées et apathiques. 

Des mères de famille épanouies et joyeuses qui confectionnaient des beignets de fleurs de courgettes en chantant dans leur cuisine pour régaler leurs enfants et qui à présent réchauffent au micro onde une brandade de morue de chez Picard en regardant « Joséphine ange Gardien » ?

Combien aussi essaient de se voiler la face en noyant leur misère dans le vin rouge ou quelques drogues plus onéreuses, mais croyez moi, il n’existe aucune pharmacopée qui puisse nous faire retrouver notre liberté d’être.

Alors mettons l’accent sur la prévention, méfions nous de l’engourdissement, éloignons nous de la momification qui sournoisement nous colle ses petites bandelettes ….  une par ci, une par là.

Alors écoutez bien ce soir ma mise en garde, l’ennemi est aux portes de nos volontés, prêt à aliéner notre liberté d’être, alors, avant que de reposer pour l’éternité entre les planches rectangulaires de notre tombeau, arrachons nos bandelettes, refusons de nous laisser entraver, luttons contre la momification sous toutes ses formes !!

Plus jamais de petites bandelettes ni par ci, ni par là ….

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